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Le Blog Critique des plus Belles BD

Les équinoxes

Les équinoxes

Chronique « Les équinoxes »

Scénario et dessin de Cyril Pedrosa,

Public conseillé : Adultes/Adolescents

Style : récit intime
Paru chez Dupuis, le 25 septembre 2015, 336 pages couleurs, 35 euros, (55 euros la version limitée)
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L’histoire

Vincent, orthodontiste et quinquagénaire paumé se débat avec sa nouvelle vie de divorcé. Une ex-femme (Christine) pour s’engueuler, une ado (Pauline) en garde alternée qu’il ne comprend pas, et même un fils qui vient de finir son séminaire. De quoi occuper sa vie…
Louis, septuagénaire, ex-militant est fatigué. Prêt à quitter la vie, il doit encore passer quelques moments avec les personnes qu’il aime comme Antoine, son fils spirituel..
Une jeune photographe (sans nom, sans visage) en recherche de sens à sa vie, capte l’instant et écrit sur ces instants volés de beaux textes simples et poétiques à la fois…
Cyril Pedrosa raconte en parallèle quatre portraits intimes, leurs quotidiens, leurs souvenirs, leurs émotions…

Ce que j’en pense

Cet album n’est pas une BD ! C’est peut-être comme ça que j’aurais du commencer cette chronique, tant “Les Equinoxes” est un album “à part”…

Cyril Pedrosa avait déjà frappé fort avec son dernier (et récompensé) album “Portugal”, édité chez “Aire Libre”. Il y racontait, avec une simplicité désarmante, le retour aux sources d’un jeune dessinateur d’origine portugaise.
Dans “les équinoxes”, une énnooooooorme oeuvre de 336 pages (Mazette ! ), il nous fait confident de ses doutes existentiels. Oui, je parle “d’oeuvre” car la démarche de Cyril est tellement “artistique”, qu’il m’est impossible de le définir autrement.
Comme d’autres grands artistes auparavant (Virginia Woolf, Jackson Pollock…), Cyril Pedrosa s’interroge sur l’indicible, le temps qui passe, qui s’enfuit sans rien laisser…

Pour toucher du doigt, du regard, ce sentiment partagé par tous (avec plus ou moins d’acuité), il s’attarde sur quatre histoires. Quatre personnages meurtris par la vie, qui doutent, errent, dérivent, aiment et trouvent (ou non) leur réponse. Pour certains, l’errance est physique, vécue dans la chair. Pour d’autres, elle est intérieure. Le point commun de ces “trajectoires” ? Leur vérité toute simple, qui trouve un écho en moi…

C’est presque quatre “morceaux de Pedrosa” que j’ai eu l’impression de lire. Quatre facettes de sa personnalité. Sa manière de raconter (par petits bouts) peut sembler anarchique, mais elle est subtilement orchestrée.
Comme la musique omniprésente dans ce pavé, ou un des portraits (l’homme de la chorale), Cyril pose ses histoires comme autant de notes dans une partition. Chacun son récit, sa ligne mélodique, qui s’intègre, complète les autres, pour former au global une musique complète et subtile…

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Chapitré en quatre époques (Automne, Hiver, Printemps et Eté), Cyril avance doucement au rythme des saisons. Souvent mélancoliques, mais pas que (l’humour trouve sa place dans les endroits les plus inattendus souvent), il déroule ces vies, au passé et au présent. Petits bonheurs, grandes souffrances, vide immense, souvenirs, il met en scène dans toute cette intimité, sans fard ni subterfuge, avec une sensibilité et une simplicité à fleur de pages…

En préambule, je disais que cet album est “à part”…Je confirme. A part de la BD, de la philosophie, de la poésie, du roman…
Mélangeant les techniques et les genres, Pedrosa nous offre un Ovni graphique superbe et émouvant. Histoire-parabole sans paroles en début de chapitre, tranches de vies réalistes, clichés photographiques, textes poétiques, il s’autorise tout avec une liberté rafraichissante.
Si vous n’êtes là que pour la BD, s’il vous plaît, ne zapper pas les pages de textes. Ils apportent un éclairage sur les personnages, sans parler de l’ambiance poétique, qu’il serait dommage d’oublier.

Coté dessin, c’est un feux d’artifice. Le trait changeant, multiple, polyphorme, se transforme selon les humeurs. Crayons gras et lourd, trait léger et élégant, grands traits nerveux, aiguisés, tout est possible.
Au cours des quatre saisons, la couleur évolue aussi. Gris dessaturés d’automne, couleurs froides hivernales, joie printanières et couleurs solaires d’été, l’ambiance change du tout au tout. Quand je vous disais que c’est un voyage…

Pour résumer, Vous voulez un album “pas comme les autres” ? Capable de vous embarquer dans le quotidien banal de quelques inconnus, voue êtes bien tombé ! Cyril Pedrosa nous apporte un peu de poésie dans notre monde de brutes, en touchant, le temps d’une lecture, cette indicible sensation du temps qui passe…

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Cet article fait parti de « La BD de la semaine », regroupé chez Noukette, cette semaine.

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13 Comments

  1. J’attendrai juste que ma médiathèque en fasse l’acquisition 😉

    • C’est une option. A plus tard alors

  2. J’avais adoré Trois ombres et Portugal m’attend toujours… Je vais commencer par réparer cette erreur et je me lancerais peut-être 😉

    • Tu reviendras par ici alors…

  3. Un album à part,je suis bien d’accord. Et graphiquement éblouissant. Pour ma part,je suis malheureusement resté à l’écart de ses vies minuscules et je le regrette fortement, j’aurais tant voulu l’adorer.

    • Ca tient à peu de choses. Chacun sa sensibilité.

  4. J’ai un autre album de l’auteur dans ma pile, alors je commencerai par celui-ci (je ne me rappelle jamais si le titre est Lisbonne ou Portugal)… mais je suis fort tentée. Les dessins me plaisent énormément.

    • Portugal sans doute. Oui, peut-être plus simple pour commencer.

  5. Je ne me sens pas plus tentée que cela mais je note quand même le nom de l’auteur.

  6. pas trop impatiente pour le moment, le côté gros pavé me rebute… mais il viendra certainement un moment où j’aurai envie de m’y mettre!

  7. Je ne sais pas si je vais aimer; je verrai bien. Mais ta façon d’en parler est superbe. Je suis prête à me laisser séduire :).

  8. Oh que oui, je le veux! Le dessin est juste sublime!!! Et le scénario me plait bien.

  9. Oh comme ton billet me fait envie… j’ai adoré « Trois ombres » et « Portugal » et je crois que je vais vite aller l’acheter! Merci de confirmer l’envie que j’en avais rien qu’en regardant la couverture!

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