Pages Navigation Menu

Le Blog Critique des plus Belles BD

Ma révérence

Ma révérence

Vincent, trentenaire, un poil dépressif, s’improvise braqueur de fourgon…

Scénario de Wilfrid Lupano, dessin de Rodguen, Public conseillé : Adultes et adolescents

Style : Polar réaliste Paru chez Delcourt, le 4 septembre 2013 Share



L’histoire

Vincent, trentenaire paumé, traîne son mal de vivre. Lors d’un coup de fil à Rana, la mère de son enfant qui vit au Sénégal, il lui fait la promesse de les rejoindre prochainement pour vivre des jours meilleurs.
Désabusé, il va retrouver dans un bistrot son pote de toujours, Gabriel Roquet, dit « Gaby Rocket ». Gros boeuf, fan de Dick Rivers et de l’Amérique, ce blouson noir improbable, est le looser en chef.
Après une virée arrosée, les deux paumés se retrouvent pour préparer leur projet : un braquage audacieux et non-violent. Depuis un mois, Vincent prend son café au comptoir d’un bar pour surveiller Bernard, un convoyeur de fonds, à huit semestres de la retraite. C’est le seul ticket de sortie que Vincent a imaginé pour accomplir sa promesse envers sa « famille africaine »…


commandezbouton_amazon

ma_reverence_couv1344_p11344_p21344_p31344_p51344_p71344_p8
NextGen ScrollGallery thumbnailNextGen ScrollGallery thumbnailNextGen ScrollGallery thumbnailNextGen ScrollGallery thumbnailNextGen ScrollGallery thumbnailNextGen ScrollGallery thumbnailNextGen ScrollGallery thumbnail

Quoi de neuf ?


Wilfrid Lupano, scénariste remarqué d' »Alim le Tanneur » et du « Singe de Hartlepool » revient sur le devant de la scène BD avec une histoire de « Casse » pas banale.
Si l’histoire part d’une idée simple (deux « loosers » préparent un casse pour se mettre au vert), le ton poétique et cru de ce superbe album m’a carrément surpris. Introspection, description sans concession de la médiocrité, Wilfrid Lupano nous offre un récit beau et poétique sur l’amitié et la responsabilité.


Avec des morceaux de “vraie vie” dedans


La force de « Ma révérence » tient essentiellement dans ses personnages. Observateur attentif de l’humain, Wilfrid utilise les anecdotes récoltées dans ses métiers antérieurs (barman ou portier de nuit) pour créer un récit avec des morceaux de vies dedans. Scènes vraies et crues, souvent sensibles, parfois sordides, il ne s’embarrasse pas de langue de bois pour composer une poésie du quotidien et des paumés. Par petites touches, Wilfrid décrit avec une crédibilité et une densité remarquable ces deux loosers si attachants.
C’est simple, sitôt plongé dans la lecture de ce pavé de 120 pages, j’ai été captivé par l’histoire touchante de ce duo improbable.

Tout d’abord, il y a Vincent. Rêveur, philosophe, en recherche de valeurs, mais incapable de se battre, Vincent est un peu le grand-frère, ou le copain paumé qu’on a tous eu… Conteur du récit, personnage central, Vincent nous bouscule dans nos certitudes. A fleur de peau, extrêmement attachant, il nous livre son parcours personnel, ses erreurs, ses faiblesses et ses sentiments avec un abandon et une confiance désarmants.
Puis, il y a Gaby, rockeur anachronique, gros con, raciste, homophobe, totalement décalé. Et pourtant, cette incarnation du « beauf », ce « Connard 1er » s’avère contre toutes attentes sensible et humain. Il nous le rend même attachant, ce con…


Et le Scénario ?


Du petit lait, jouissif et délirant, un pur bonheur !
A la façon d’un film des frères Cohen, Wilfrid Lupano déroule sa chronique sociale dans un désordre bien rafraîchissant. Entre flash-backs (pour situer les protagonistes) et récit du Casse foireux (vous n’attendiez quand même pas Ocean’s 11 ?), il va où l’emmènent ses envies. Par des chemins de traverses et des changements d’angle, il nous balade dans sa caisse pourrie où l’humour de situation est toujours présent.


Le dessin


Rodguen, issu du monde de l’animation (chez Dreamworks, ça compte) dessine ici son premier album BD.
Avec une maîtrise de la composition des plans et la mise en scène, il dessine d’un trait vif et réaliste. Sous son crayon, les gueules et expressions de cette bande de branquignoles sont criants de vérité.
Tout à son aise dans ce pavé de 123 pages (excusez du peu), il accompagne le délire de Lupano avec une belle cohérence.
Seul point faible (à mon avis) : la couleur réalisée par Ohazar (le frère de Lupano) se rapproche trop du registre de « l’animation », avec des aplats marqués qui manquent un peu de finesse.


Pour résumer


Truculent et jouissif !
Voici la nouvelle production de Wilfrid Lupano. Mis en image par Rodguen, le gars nous offre un « Road-movie à la française », plein de paumés et de morceaux de vie. Casse foireux, duo improbable et portraits touchants, voici 123 pages hautement recommandables dans une chronique sociale où rien n’est prévisible !


commandezbouton_amazon

Share Button
468 ad

8 Comments

  1. Intéressant, en espérant que ce soit aussi bien que « Le singe de Hartlepool » que j’ai tellement aimé!

    • Disons que c’est aussi peu convenu.
      A suivre avec l’interview des auteurs ce week-end au festival Delcourt/soleil à Bercy

  2. Là, je pense que je vais faire l’impasse !

    • oups, qu’est ce qui ne te plait pas ?

  3. Oh oh ! Le scénariste du singe…? Voilà qui m’intéresse ! Moins fan du dessin par contre !

    • et oui, c’est à suivre.
      Les dessins sont très différents, mais ils s’intègrent bien.

  4. J’ai apprécié le singe de Hartpool, je vais je pense me laisser tenter du coup!
    Dis moi pour le top de fin d’année, les manga sont acceptés ?

    • C’est très différent, mais toujours aussi surprenant.
      Pour le TOP BD de l’année, tu peux sélectionner tous les styles. Ce n’est pas réservé au Franco-belge.

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Adsense