Pages Navigation Menu

Le site des plus Belles BD

La légende du coucou

La légende du coucou

Chronique « LA LÉGENDE DU COUCOU »

Scénario & dessin de WILLIAN WAGNER,

Public conseillé : Adultes

Style : Roman graphique, intimiste
Paru aux éditions « Casterman », le 5 septembre 2018,
202 pages Noir & Blanc, 22 euros,

Share

Ca commence comme ça…


Quelque part en Écosse, un trentenaire, preneur de son sur un tournage apprend le décès de son grand père. Il prend un avion pour retourner au Brésil, sur les terres de l’homme qui l’a élevé.
En se promenant dans les terres du grand père, le jeune homme tombe dans un ravin. Quand il se relève, il a retrouvé sa taille d’enfant…

un auteur


Willian Wagner est un jeune auteur brésilien, vivant à Sao Polo. Ex-libraire, il a tout plaqué pour se consacrer à l‘illustration et la bande dessinée. Son premier roman graphique (“Bulldogma”) a rencontré un vif succès public. Continuant leur politique de “localisation” d’auteurs étrangers à l’univers personnel, les éditions Casterman publient “La légende du coucou”, son premier titre en langue française.

Ce que j’en pense


Ce roman graphique est très particulier. Avec ce récit (qu’on peut facilement imaginer d’inspiration autobiographique), il nous entraîne sur les pas d’un trentenaire qui revient sur les terres de son grand père qui vient de décéder. Cet homme est d’autant plus important pour lui (même si sa vie d’adulte l’a éloigné) car c’est lui qui l’a élevé. Dans l’esprit du jeune homme, cette figure tutélaire et autoritaire est perçu vu comme un musicien émérite, chef d’orchestre, à l’origine de son amour de la musique.

En revenant sur les terres où il a vécu son enfance, le jeune homme s’enfonce dans une aventure initiatique et onirique qui le ramène dans les souvenirs perdus de sa jeunesse
Kavane, la jeune métisse indienne dont il était amoureux, ses “copains” de jeux turbulents, mais aussi son âne (parlant), un oiseau géant, un sole “vraiment” pleureur, des oiseaux chimères, fantômes de grands musiciens… Dans la “forêt enchantée” du domaine, des bribes de souvenirs surgissent et prennent vie. Lui-même d’ailleurs, à la façon d’Alice, a repris son apparence d’enfant, nageant dans ses vêtements trop grands pour son corps d’enfant. Pour le petit garçon, ce monde fantasmagorique est magique, mais souvent effrayant aussi…

Le dessin de Wagner est changeant. Tout en noir et blanc, au début le trait est réaliste. Mais dans les aventures oniriques que vit le jeune homme, il évolue, jusqu’à l’épure et la caricature, me faisant penser aux manga destinés au public jeune. C’est étonnant, un peu perturbant au début, mais on s’y fait, car le dessin est souvent poétique et contemplatif.

Le résultat est magique, quelque part entre “Alice au pays des merveilles” et “Quartier Lointain” (Taniguchi), Willian Wagner créé une oeuvre personnelle et touchante, un peu troublante aussi.
Il prend son temps (206 pages) pour se poser des questions sur l’enfant qu’on a perdu en tant qu’adulte, le temps qui passe et toutes les belles et mauvaises choses qu’on laisse derrière soi… Un thème universel…

Share Button
468 ad

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Adsense