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Le Blog Critique des plus Belles BD

Murena (T10) – Le banquet

Murena (T10) – Le banquet

Chronique « Murena – tome 10 – Le banquet »

Scénario de Jean Dufaux, dessin de Théo, couleurs de Lorenzo Pieri,

Public conseillé : Adultes / grands adolescents,

Style : aventure historique,
Paru aux éditions Dargaud, le 3 novembre, 11.99 euros,
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L’Histoire

Dans la gigantesque fête chez Trimalchio, Rome panse ses blessures et boit pour oublier l’incendie qui la ravagea. Au milieu des invités, l‘empereur Néron, accompagné du fidèle Ruffalo, fait une apparition. Il vient retrouver son poète et confident Petrone, qui tente de réconcilier deux vieux amis, l’empereur et Lucius Murena. Ce dernier lui raconte qu’il a assisté en personne au début de l’incendie dont les romains attribuent la responsabilité à l’empereur. Il y a perdu Pierre, le chef de la secte des juifs.
Néron se montre indulgent et réapparaît au milieu de la fête au côté de l’homme qu’il cherchait à tuer, quelques temps auparavant.
Quand Lucius quitte la fête au petit matin, il est attaqué par deux hommes, un ex-gladiateur et un bossu, qui ont pour mission de le faire disparaître…

Le contexte

Murena est une série historique magnifique, qui mêle habilement grande et petite histoire romaine. Primée par la qualité de sa narration et de sa reconstitution en image, c’est le fruit d’un travail titanesque entre Jean Dufaux et Philippe Delaby, et certainement pour les deux hommes, leur chef d’oeuvre commun.
Malheureusement, Philippe Delalby est décédé en 2014, tandis qu’il dessinait un tome de “La complainte des landes perdues”... L’album a été achevé grâce à Jeremy Petiqueux, ex-coloriste de Murena et élève de Philippe. Depuis, la série Murena n’a pas connue pas de suite, faute de dessinateur.
C’est donc un nouvel épisode très attendu que livrent les éditions Dargaud, dans la stricte continuité narrative du précédent. Au scénario, Jean est toujours là et c’est le dessinateur italien Théo, très apprécié par Delaby (“Le pape terrible”, “Le Trone d’argile”), qui reprend le flambeau.

Ce que j’en pense

Cela eut été une vraie perte pour la BD historique contemporaine de ne pas voir la fin de cette magnifique série (prévue en quatre cycles). Je suis tombé dedans depuis belle lurette et j’attendais cette suite avec impatience.
Jean Dufaux reprend les “aventures” de Lucius Murena après l’incendie de Rome et son « épisode chrétien”. Dans la ville qui se reconstruit et veut oublier, l’empereur Néron reprend contact avec Lucius. Tout pourrait de nouveau rentrer dans l’ordre, si le sort ne s’en mêlait pas de nouveau. Suite à un attentat raté, Lucius perd la mémoire et se retrouve au centre d’un complot dont il ignore tout…

Une fois de plus, Jean Dufaux compose avec l’Histoire. Entre personnages réels et témoignages, il nous rend témoin privilégié de la vie des nobles au temps des Césars avec une crédibilité et une précision diabolique. Bien entendu, cela reste une fiction, mais les complots dans lesquels ses héros de papiers sont plongés furent bien réels. Ces aller-retours incessants entre histoire et fiction crédibilise le récit, jusqu’à le rendre perméable.

Dans ce nouvel épisode, Lucius est à la dérive. Ne connaissant plus son identité, ni ses raisons d’être, le voici à la merci de la belle Lemuria… qui prend une place importante dans son destin…

Le dessin, très attendu, de Théo est vraiment au niveau ! Il ne singe pas la façon de dessiner de Philippe Delaby, mais nous propose SON Murena. Son encrage se fait plus léger et les couleurs (de Lorenzo Pieri), plus présentes, pour une version “Théo-isée” de Murena.
Sans aucun doute, tous les personnages sont reconnaissables. Les décors sont du même niveaux de détails et de qualité que pouvaient nous offrir Philippe et la mise-en-scène est tout aussi percutante.
Entre Péplum et réalisme, Théo nous offre un très bel album dans lequel on se promène avec plaisir. Seules les scènes violentes (qui ne manquent pas) sont plus organiques que dans les tomes précédents.
Enfin, il faut noter que ce tome 10 s’ouvre sur une scène de banquet (qui donne son nom à l’album) d’une incroyable richesse !
Bravo au nouveau duo que n’aurait pas renié Philippe Delaby et vivement la suite !

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