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Le Blog Critique des plus Belles BD

Petite maman

Petite maman

Chronique « Petite maman »

Scénario et dessin de Halim Mahmoudi,

Public conseillé : Adultes / grands adolescents (à patir de 16 ans),

Style : Chronique sociale, roman graphique,
Paru aux éditions Dargaud, le 19 septembre, 19.99 euros,
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L’Histoire

Brenda voit le jour dans un foyer pas comme les autres. Sa maman Stéphanie n’a que 15 ans. Le papa, bien évidemment, a foutu le camp ! Heureusement pour Stéphanie, il y a sa maman chez qui elle vit et qui prend soin de ses deux « petites filles ».
A 15 ans, on n’est pas vraiment préparée à s’occuper d’un bébé. La fatigue, la colère, la situation fait que très vite la jeune maman pète les plombs… Brenda, elle, grandit et fait ce qu’elle peut pour plaire à cette maman qui lui fait porter toutes les frustrations de sa propre vie. Tout naturellement, cette petite fille devient une « petite maman » pour la sienne, dépassée par la situation…
Arrive alors dans leur vie Vincent, homme jaloux et violent. Stéphanie lui pardonne « tout » ! Elle tombe enceinte une seconde fois. Quand le petit naît, tout naturellement, Brenda s’en occupe et en prend soin…Commence alors pour elle la vraie descente aux enfers… Chaque jour qu’elle vit n’est qu’un chemin douloureux qui la mènera vers la mort de son âme…
Personne ne voit, personne n’entend ?

Ce que j’en pense

J’ai pris un coup à l’âme, j’ai pris un coup au cœur. Je ne suis pas sortie indemne de cette histoire. J’ai pris ses coups, j’ai entendu ses cris, j’ai pleuré et eu envie de hurler !
Avec force et sensibilité, Halim décrit la vie de la petite Brenda, petite fille qui n’a rien demandé, maltraitée durant toute son enfance… Mais a-t-elle seulement eu une enfance ?

J’ai beaucoup aimé la façon dont l’auteur a approché l’histoire. Nous retrouvons, au début du récit, Brenda, petite fille, qui va pour la première fois chez son psy. Elle se dévoile à cet homme, qui, séance après séance, trouve les mots pour l’apaiser. Mais ce que j’ai aimé le plus, c’est que la petite Brenda, au long de ces visites, devient ce qu’elle est vraiment… la Brenda de 29 ans qu’elle est maintenant. Comme, si à force de se raconter et sortir d’elle ses tourments, la petite fille qu’elle est encore au fond elle, finit par laisser sortir la jeune femme qu’elle est devenue.

J’ai beau me dire que tout cela n’est qu’une fiction, je ne vais pas me leurrer, je sais bien que tout cela peut, est, déjà arrivé ! Mais il m’a quand même fallu beaucoup de force pour arriver au bout de cette histoire. Au chapitre où une assistante sociale dénonce le cas de Brenda et qu’une autre personne du service tente de la dissuader de faire des démarches, j’avais envie de hurler…

Le trait doux et mordant de Halim apporte à ce roman graphique de la lumière dans les ténèbres. Tout en noir, crayon et pinceau plume japonais, rehaussé d’un gris délicat.
Je passe par des moments paisibles, juste avant de me retrouver dans la désolation….Enfer et Paradis. Il y a des histoires qui font resurgir de vieux fantômes, que l’on aurait préféré oublier… Parfois, ces mêmes histoires ont la capacité de nous apaiser.

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