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Le Blog Critique des plus Belles BD

L’étoile du désert (T4)

L’étoile du désert (T4)

Chronique « L’étoile du désert – tome 4 »

Scénario de Stephen Desberg, dessin de Hugues Labiano,

Public conseillé : Adultes / adolescents,

Style : Western crépusculaire,
Paru aux éditions « Dargaud », le 27 octobre, 13.99 euros,
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L’Histoire

En pleine nuit, un enfant se réveille. Il descend au rez-de-chaussée de la maison et découvre sa nounou morte… C’est un indien, couteau à la main, qui l’attend, cherchant l’argent de son père. L’enfant se sauve. Il est sauvé, in extremis, par deux soldats.
Pendant ce temps, Finnsburry, le commissaire aux affaires indiennes, vient de recevoir une lettre de Washington. Les indiens de la région doivent être expulsés !
Dans la plaine, le soleil s’est levé sur un drame. Pour sa première attaque, le guerrier “Ours brun” est mort. Sa promise, Etoile du désert a disparu…

Ce que j’en pense

Voici la fin du second diptyque de “Etoile du désert”, la série initiée par Enrico Marini et Stephen Desberg en 1996, reprise l’année dernière par le duo Hugues Labiano (au dessin) et Desberg (au scénario).
Dans le premier tome, les auteurs avaient exposé, point par point, un drame en devenir. Au centre du conflit, la lutte entre les indiens, présents depuis toujours et les colons blancs, sûrs de leurs droits, semble inévitable… Histoire d’amour contrariée et lutte de pouvoir se croisent vers une fin dramatique.
Le rideau se lève sur une nouvelle donne. Toute tentative d’entente et de vie en commun est détruite par les derniers événements. Tandis qu’un indien s’introduit dans la maison d’un colon pour voler et tuer, l’escarmouche de la tribu s’est soldée par la mort d’Ours Brun et l’enlèvement d’Etoile du désert. le responsable : le terrible Garth, l’homme de main de Finnsbury, qui a tout fait pour provoquer les indiens. Tout le monde pleure ses morts et ses disparus et ne rêvent que de vengeance… Mais où finira cette histoire ? Bien mal, certainement…
Sans aucun doute, comme il l’a prouvé par le passé, Stephen Desberg est un grand connaisseur de l’histoire de l’Amérique. Avec cette série, il revient aux fondamentaux (la construction du pays et ses mythes fondateurs). Droit absolu du blanc contre le sauvage ‘inférieur’ il décrit, à peu d’exceptions, une nation fondée sur la violence et la mort du voisin.
Autour d’une dramaturgie qui monte en tension au fur et à mesure, il raconte des histoires d’hommes et de femmes pris dans un labyrinthe de passions. Possession de la terre ou des femmes (qui sont souvent les victimes de cette folie collective)…

Au dessin, Hugues Labiano n’est pas Enrico Marini, bien entendu. Il nous offre un dessin plus sobre que le flamboyant graphisme d’origine. Malgré ce décalage, je me suis senti à l’aise dans ce nouveau cycle. Sous son pinceaux, les grandes cases panoramiques exploitent la beauté et la rudesse des paysages virginaux de l’ouest sauvage. La simplicité de la vie indienne est magnifiée par un trait épuré, qui m’a plongé dans un film façon “Danse avec les loups » (Kevin Coster, 1990).

Pour résumer, ce diptyque (même s’il s’éloigne sérieusement du premier cycle) nous offre une belle réflexion sur la fondation des états-unis et les rapports humains, dans un western crépusculaire de toute beauté.

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