Pages Navigation Menu

Le Blog Critique des plus Belles BD

Les liaisons dangereuses – Préliminaires (T1) – L’Espoir et la Vanité

Les liaisons dangereuses – Préliminaires (T1) – L’Espoir et la Vanité

Chronique « Les liaisons dangereuses – Préliminaires (Tome 1) – L’Espoir et la Vanité »

Scénario de Stéphane Betbeder, dessin de Djief,

Public conseillé : Adultes / adolescents,

Style : Chronique sociale, historique,
Paru aux éditions « Glénat », le 11 octobre, 14.50 euros,
Share

L’Histoire

1755. Sébastien, le fils cadet d’une riche famille noble subit un nouvel accès d’épilepsie. Pour calmer le “haut-mal”, la maisonnée jette l’infortuné dans le bassin glacé du jardin…
Sa constitution fragile est un sujet de préoccupation de sa mère qui s’en ouvre auprès de la très belle comtesse de Senanges, à l’occasion d’une visite de courtoise.
Dans la soirée, Sébastien fugue de nouveau, avec la complicité d’une soubrette. A défaut de force, le garçon a toujours su s’attirer la bienveillance des femmes de son entourage.
Sur le chemin de retour, la comtesse aperçoit Sébastien et l’embarque dans son équipage. Là, cette femme accomplie, aux rondeurs appétissantes, s’ouvre d’un grand secret à ce “petit protégé”. Elle voit en chaque homme une bête qui sommeille sous le masque des apparences. Mais Sébastien n’a pas encore révélé “sa bête”. il n’est qu’un “petit lapin apeuré” en devenir…

Ce que j’en pense

“Les liaisons dangereuses”, le roman de Chaderlos de Laclos est une des oeuvres majeures de la littérature française du XVIIIe siècle, de nombreuses fois adaptées au cinéma (je conseille vivement la version de Stephen Fears, avec John Malkovich et Glenn Close). Dans ce roman épistolaire (composée uniquement en lettres), via les manigances amoureuses et politiques du Vicomte de Valmont, Chaderlos de Laclos brossait un portrait peu glorieux de ses pairs. Manipulateurs, intéressés, faux, jouant tous un rôle, c’est une société de mensonges, enrubannée dans de jolis colifichets…
Mais comment Valmont est il devenu cet homme sans scrupule, guidé par son plaisir et sa soif de vengeance ? C’est à cette question que Stéphane Betbeider (scénario) et Djef (dessin) ont décidé de répondre.

Nous voici donc à l’adolescence du jeune Sébastien Valmont, à la frontière entre enfant et adulte, dans la bonne société de l’époque. Mais Sébastien est de faible constitution. Ce qui le place, aux yeux des adultes, dans la catégorie “enfants”… Néanmoins, il devient le “petit protégé” de la belle Comtesse de Senanges, une femme accomplie, qui est en train de négocier le mariage de son fils avec la soeur aînée de Sébastien. Mariage arrangé, titre contre argent, “le sujet est trop sérieux pour être livré à l’inclination des deux partis”
Si le principe vous révolte déjà, la suite va vous ravir. Initiation au plaisir de la chair entre cette femme mûre et le très jeune Valmont, découverte de l’amour, intérêts croisés, les intrigues amoureuses et politiques (au sens social du terme) se multiplient.

Tout en changeant les protagonistes, Stéphane Betbeder construit un récit en cohérence exacte au roman initial. Il écrit des dialogues subtils, au riche champs lexical, qui m’ont plongé dans cette société cultivée.
Cet album est sensuel, mais pas érotique. le plaisir est souvent évoqué (il est même central !) mais jamais montré frontalement.

Liaisons_dangereusesT1_P00Liaisons_dangereusesT1_P03Liaisons_dangereusesT1_P02Liaisons_dangereusesT1_P01
NextGen ScrollGallery thumbnailNextGen ScrollGallery thumbnailNextGen ScrollGallery thumbnailNextGen ScrollGallery thumbnail

Au dessin, Djief (“Le Crépuscule des Dieux”, “Une rue en Amérique : Broadway”...) se fait le patient artisan de la mise-en-image. Un monde riche et feutré, plongé dans des décors travaillés et de somptueux habits, un univers sensuel où les décolletés pigeonnants attirent les regards, Djief nous fait ressentir tout cela.
Son dessin réaliste se fait précis, léger et sensuel. La construction classique utilise efficacement la grammaire visuelle (plans plus ou moins serrés) pour que la lisibilité reste fluide.
Enfin, les couleurs de Isabelle Merlet “ambiancent” de bleus nuits et d’ocres dorés les planches.
Alors, envie de vous replonger dans la littérature de ce monde cruel et sensuel ? Ce premier tome est annonciateur d’une belle série.

Share Button
468 ad

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Adsense