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Le Blog Critique des plus Belles BD

Le projet Bleiberg (T2/3) – Deep zone

Le projet Bleiberg (T2/3) – Deep zone

Chronique « Le projet Bleiberg, tome 2 – Deep zone »

Scénario de Serge Le Tendre, d’après le roman de David Khara, dessin et couleur de Frédéric Peynet,

Public conseillé : Adultes / Adolescents,

Style : Polar / Thriller,
Paru aux éditions Dargaud, le 15 septembre 2017, 50 pages couleurs, 14.99 euros,
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L’Histoire

Janvier 1943. Le chef des S.S, Heinrich Himmler rend visite au Führer dans sa résidence de Berghoff. Ce dernier a appris que son protégé a échappé de peu à un attentat.
Himmler lui dévoile le projet que le docteur Bleiberg a mené à sa demande, sur l’Ubermensch (l’hyperboréen). A la suite de longues expériences, un seul cobaye, un petit juif polonais, a survécu aux mutations génétiques. Renforcé par de grands changements physiques et intellectuels, l’enfant a profité de la venue d’Himmler pour s’évader et détruire le complexe…
De nos jours, Jérémy, encadré par ses deux “gardes du corps” (la belle Jacky et le géant chauve Eytan, agent du Mossad), roule vers l’adresse bruxelloise trouvée dans les affaires de son père. Profitant d’un stop sur l’autoroute, Eytan disparaît aux toilettes. Pendant ce temps, Jeremy reçoit un étrange coup de fil. Une inconnue déclare avoir assassiné sa mère et annonce une suite douloureuse…

Ce que j’en pense

Quel plaisir de retrouver le 2e (sur 3) épisode du “Projet Bleiberg”. La découverte du premier tome m’a tellement enthousiasmé que je fus incapable d’attendre la suite de l’adaptation en BD, pour en connaître le dénouement. Je me suis donc jeté sur le roman éponyme de David Khara et ses deux suites (“Le projet Shiro” et “Le projet Morgenstern”).
Dans le premier album, nous avions fait connaissance avec un trio de personnages aussi différents qu’attachants. Jérémy, l’ex-trader brisé par une faute impardonnable ; Eytan, l‘étrange et terriblement efficace agent du Kidon (Le bras armé du Mossad) et Jacky, la craquante agent du C.I.A., sur l’affaire pour protéger Jérémy. Car le petit gars avait plongé, avec la mort de son père, dans une histoire qui le dépasse largement…
Ce second tome commence plutôt doucement. Après quelques explications et précisions historiques, le trio plonge dans une scène d’action bourrée de coups de feu et d’explosions. Le conflit dramatique n’est pas seulement historique, mais semble les rattraper à travers les époques… Pour l’ex-trader, habitué aux soirées arrosées, l’ambiance est plutôt…inattendue. Heureusement, ses nouveaux “amis et protecteurs”, eux, gèrent la situation (ou presque…).

J’apprécie cette adaptation pour de nombreuses raisons. Tout d’abord, le terreau initial de David S. Khara est parfaitement huilé. L’intrigue entremêle adroitement une histoire dramatique et quasi fantastique autour des recherches des Nazis et l’intrigue contemporaine, tout aussi dangereuse pour ses personnages. Ensuite, les dialogues sont savoureux et l’humour pince sans rire de David Khara me donne la banane. Mais c’est surtout le travail sur la psychologie des personnages que je trouve particulièrement réussie. Jérémy, avec son énorme faille, semble bien proche de nous, simples lecteurs. Eytan, le géant tueur, devient sympathique dans son rôle de protecteur (Schwarzeneger et son rôle dans “Terminator 2” n’est pas si loin) et Jacky, la petite blonde dont on ferait mieux de se méfier, est terriblement craquante.
Ce travail d’écriture et de réalisme, qui favorise la projection, est au centre du travail de Serge Le Tendre. Même s’il utilise les dialogues et scènes originales, son adaptation condense l’histoire, sans rien enlever de l’intention et de la saveur originale. Mieux, il se concentre sur ses personnages, en recomposant l’alternance des scènes.

Et puis, il y a le dessin (fabuleux) de Frédéric Peynet. Le dessinateur de “Le Feul”, “Les vestiges de l’Aube” (sa précédente collaboration avec Serge Le Tendre sur un roman de Khara) trouve avec cette adaptation un terreau fertile et une source d’expérimentation graphique.
Son dessin a toujours eu des bases classiques et réalistes, mais le contexte contemporain et le travail en couleur directe lui donne l’obligation de renouveler sa palette. Les expressions et la gestuelle des personnages sont toujours aussi précis, vrais, mais la couleur directe, sublimée par son sens du perfectionnisme, apporte plus de subtilité et une palette d’émotions nouvelles.
Au delà des personnages, il y a la dynamique de la composition et l’écriture visuelle (pour ne pas dire cinématographie) qui fait mouche. Le système à 3 ou 4 strips par planche, très classique, s’assouplit si nécessaire. Frédéric s’autorise des cases très “cut” (voire déstructurées) pour des scènes d’actions, comme de grandes cases de mise-en-place. Une variation qui ne bride jamais la lisibilité et la fluidité du récit.
Voilà, tout ça pour dire que si vous n’avez pas encore craqué pour “Le projet Bleiberg”, son intrigue historique originale, son ambiance de Thriller, ses personnages attachants, ses dialogues savoureux, il est plus que temps d’entrer dans la danse !

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