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Le Blog Critique des plus Belles BD

Sauvage

Sauvage

Chronique « Sauvage » (T1)

Une ode à la vie crue, simple et contrastée

Scénario de Jean-David Morvan & Aurélie Beviere; dessin de Gaëlle Hersent,

Style : Biographie,
Public conseillé : Adultes / Adolescents

Paru chez Delcourt, le 28 janvier 2015, 216 pages couleurs, 24.95 euros
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L’histoire

Septembre 1731, Saint-Martin-aux-champs, Marne. Une jeune fille noire, terriblement sale, contemple le cadavre de son amie. Puis elle s’enfuit devant une meute de chien, échappant à ses poursuivants en grimpant dans un arbre.
Un peu plus tard, la sauvageonne s’aventure près d’un troupeau de mouton. Le berger lâche son chien, mais la fille lui fend le crane et dévore l’animal. Persuadés d’avoir affaire à un démon, les villageois lui donnent la chasse et finissent par la capturer. Après un bain chaud, il devient évident qu’il s’agit d’une jeune fille blanche, totalement sauvage, qui a perdu tout sens de la parole et des habitudes alimentaires…

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Ce que j’en pense

Aurélie Bévière (dont c’est le premier récit publié) et Jean-David Morvan (scénariste à succès) s’attaquent à l’histoire “authentique” de Marie-Angélique Leblanc, jeune “sauvageonne” qui traversa le XVIIIe siècle au sein de diverses familles d’adoptions et d’institutions.
S’affranchissant des différentes sources consacrées à cette “enfant sauvage”, ils nous livrent LEUR VERSION de la vie romanesque et tourmentée de Marie-Angélique.

Par grands flash-back successifs, Jean-David et Aurélie racontent les “vies” multiples de l’enfant sauvage. Jeune indienne perdue dans une guerre tribale, vendue à un capitaine français au canada, recueillie et asservie par des religieuses, novice dans une abbaye royale, protégée de la reine, femme seule et cultivée sur la fin de sa vie, sauvage vivant de racines et de chair crue dans la forêt, ils reconstituent patiemment tous les visages, tous les épisodes de sa vie aussi trépidante, d’universelle…

Au delà du portrait aventureux et étonnant, cet album nous interroge sur la place de cette véritable icône de la liberté au sein de son époque. Sujet d’étude et d’interrogations, elle et le “chaînon manquant” qu’espèrent les beaux esprits du XVIIIe siècle.
Mélant l’intime (la vie intérieure de Marie-Angélique) et cultures, l’album est aussi contrasté que son héroïne de papier. Brutale, crue, bestiale, naturelle, simple, aristocratique et douce, les ambiances s’enchaînent dans le plus grand dépouillement, sans aucun artifice. Le résultat est étonnant. Entre Biographie et récit d’aventure, il est simplement vrai.

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Le dessin

Gaëlle Hersent est une jeune dessinatrice qui a fait ses classes aux beaux-arts d’Angoulême. Avec “Sauvage”, elle signe un premier album ambitieux (216 pages !), qui représente deux ans et demi de travail.
Son dessin, mélange de crayonnés et de “numérique”, épuré et nerveux, se rapproche du rendu d’un “storyboard”. Pas vraiment étonnant quant on sait que la demoiselle a travaillé dans l’animation.
Le rendu n’est pas automatiquement mon goût personnel, mais il s’accorde parfaitement bien avec le sujet.
Enfin, la mise-en-couleur (légère et “fraiche”) est inspirée des tableaux du XVIIIe siècle (Fragonard, Chardin, Liotard…).

Mais encore ?

“Sauvage” est un album personnel et ambitieux. A mon humble avis, les passages les plus réussis sont les longues scènes sans paroles, qui racontent le quotidien. Tout en demi-teintes, ces scènes (rares) approchent la perfection. Bravo aux auteurs (scénaristes et dessinatrice) pour nous donner de telles émotions.

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