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Le Blog Critique des plus Belles BD

Madame Livingstone – Congo, la grande guerre (récit complet)

Madame Livingstone – Congo, la grande guerre (récit complet)

Chronique « Madame Livingstone » : l’Afrique en noir et blanc…

Scénario de Christophe Cassiau-Haurie, dessin de Barly Baruti,

Public conseillé : Adultes, adolescents

Style : Récit de guerre, initiation
Paru chez Glénat, le 12 juillet 2014, 128 pages, format compact cartonné.
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L’histoire

Congo Belge, 17 juin 1915. L’aviateur Gaston Mercier, lieutenant de l’armée royale, vole pour la première fois à bord de son « Short Amiralty » au-dessus de la terre d’Afrique. Stationné à Albertsville, il fait partie de l’armée Belge, épaulée par 15.000 congolais qui s’apprête à affronter la Deutsch Ostafika. Le corps allemand composé de quelques centaines d’officiers et de 14.000 Askaris est posté de l’autre côté du lac Tanganyka.
Pendant la revue des troupes, le commandant de Bueger rappelle les trois objectifs principaux : observer, bombarder Kigoma et couler le Graf von Götzen, un cuirassé allemand particulièrement impressionnant. Mais encore faut-il savoir où se trouve le cuirassé sur l’immense lac qui sépare les deux armées ?
Pour repérer les forces ennemis, le général-major tombeur a pris la décision d’assigner à chaque pilote un indigène. Mercier tombe sur David Junior Livinstone », surnommé « Madame Livingstone ». Cet homme noir très éduqué, parlant plusieurs langues dont le français, portant kilt, est persuadé d’être le fils du fameux docteur Livingstone…
Avec sa connaissance du terrain, sa notoriété et son assurance, cet indigène atypique pourrait bien être l’homme de la situation…

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Ce que j’en pense

Proche de la thématique du très récent « Tourne-disque » (de Zidrou & Beuchot), Christophe Cassiau-Hurie et Barly Baruti nous offrent un beau récit d’Afrique et de respect, sur fond de guerre mondiale et bouscule l’imagerie simpliste du Congo-belge.
1915, loin du grand massacre européen, Mercier, un jeune officier à l’esprit rebelle, découvre l’Afrique. Mais ne vous y méprenez pas. Même s’il flotte un parfum de « Out of Africa » sur « Madame Livingstone » avec des premières planches aériennes de toute beauté, Christophe Cassiau-Hurie n’a pas choisi de s’émerveiller longtemps sur ce continent qu’il connaît bien.
Avec son compère (Barly Baruti), il brosse deux portraits d’hommes aussi différents que complémentaires. Pourtant, au départ, rien n’est gagné. Quand Mercier fait connaissance avec son co-équipier atypique (surnommé « Madame Livingstone », à cause de son kilt), les présentations sont un peu rudes. Cet « indigène » très éloigné de l’image des gentils et simplets « boys » fait tâche dans cet environnement militaire colonialiste. Ici, les noirs n’ont visiblement pas la même valeur que la poignée d’officiers blancs qui les dirigent. Ils sont considérés comme de la chair à canon, sans cerveaux, initiatives, ni droits.
Mais voilà, Mercier, avec son esprit curieux et ouvert, va apprendre à connaître et à aimer « Livingstone » et son pays.

La délicatesse et l’horreur

Par petites touches répétées, Christophe Cassiau-Hurie nous raconte comment ces deux hommes apprennent à se respecter, à compter l’un sur l’autre (pour rester en vie) et à s’apprécier. Car, il ne s’agit pas seulement d’une histoire d’amitié, mais aussi de guerre. Le contexte dramatique, même s’il semble lointain (Le lac immense sépare les deux armées et les mets hors de vue, presque hors d’atteinte), peut s’abattre sur eux à tout moment. D’ailleurs, les deux hommes n’y échapperont pas, au fil du récit long et contemplatif.
Christophe et Barly nous prennent par la main, pour nous montrer l’Afrique souillée par nous autres, les Européens, si facilement aptes à amener avec eux leur guerre jusqu’au bout du monde…

Le dessin

Barly Baruti est né en Afrique (Zaïre) et ça se voit ! Son dessin classique, soutenu par une aquarelle légère, a de la classe. Observation, subtilité et expressivité, le résultat est tout simplement vrai.
Tantôt dans un camaïeu d’ocres terreux, tantôt dans une multitude de couleurs éclatantes, ses couleurs m’ont ravi.
Alternant de grandes cases panoramiques immersives et des plans rapprochés (les discutions entre hommes), le découpage est fluide et maîtrisé. J’aime !

Pour résumer

Avec ce One-shot au long court (128 pages), Christophe Cassiau-Hurie et Barly Baruti nous offrent un récit guerrier, mais néanmoins très humain, qui m’a bousculé. Empathie, émerveillement, injustice, tout les sentiments se succèdent dans une lecture forte qui ne vous laissera pas insensible…

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4 Comments

  1. C’est drôle, je présente Tourne-disque aujourd’hui !

    • J’ai commencé tourne disque.
      Il est vrai que les couleurs sont belles, douces.
      Quelques cases sont très touchantes mais le dessin n’est pas toujours précis.
      En revanche « Madame Livingstone » est d’un tout autre niveau et n’est pas comparable à tourne Disque.
      Avec ses paysages ses couleurs, Madame Livingstone respire l’Afrique des années 1915.
      Si le dessin de Barly Baruti est toujours juste il est aussi d’une grande sensibilité. Que dire des couleurs sinon qu’elles sont magnifiques
      Jamais tout au long de ces 105 planches, on ne sent de la fatigue dans le dessin, bien au contraire. Il y’a un bel équilibre entre texte et dessin.
      Sans vouloir dévoiler la fin, la dernière planche est tellement émouvante que cette BD m’a arraché une larme ( et un peu plus).
      Le livre se lit, on se plait à le relire à souhait.
      Le regard posé sur la présence des blancs en Afrique est différente.
      Le livre pose un regard sur le passé autre que celui que l’on retrouve dans nos livres d’histoire.
      En quelques mots: Madame Livingstone est un Très, Très grand Livre.
      Bravo le scénariste, coup de chapeau au Dessinateur.

      • Merci Ise pour ce très long commentaire.
        Je ne comparais QUE les thématiques et le contexte historique abordés par « Tourne-disque » et « Madame livingstone ».
        Moi aussi, j’ai une nette préférence pour « Madame Livingstone ». Sans doute, comme toi, suis-je plus sensible au dessin classique (et beau) de Barly Baruti.
        Reviens quand tu veux.

    • Je vais voir ça.

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