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Le Horla (récit complet)

Le Horla (récit complet)

Chronique « Le Horla » : Laissez-vous glisser dans le fantastique avec Sorel…

Scénario (d’après Guy de Maupassan) et dessin de Guillaume Sorel

Public conseillé : Adultes, adolescents.

Style : fantastique

Paru Chez « Rue de Rèvres » le 12 mars 2014
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Histoire

Bord de Seine, fin du XIXe siècle. Un homme vit tranquillement dans sa demeure bourgeoise en Normandie. Entre son chat paresseux, ses lectures et marches ensoleillées, c’est le bonheur quotidien d’un hédoniste comblé par la vie, qui admire les grands bateaux qui remontent le fleuve et les nuages qui passent.
Un jour, le chat revient très énervé de ces escapades, puis fugue pendant trois jours. L’homme le retrouve dans les bois et confie à l’animal « qu’il se sent fiévreux et inquiet, comme si quelque malheur l’attendait chez lui ».
Une chaude nuit d’été, l’homme se réveille en pleine nuit. Au-dessus de lui, contre son cœur, un être surnaturel et immatériel aspire son âme…

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Ce que j’en pense

« Le Horla » est l’adaptation d’un conte fantastique de Guy de Maupassant. Ecrit à la fin de sa vie, alors que l’auteur glissait dans la folie, ce texte met en mots et en images toutes les peurs de l’écrivain : angoisse de la solitude et de la mort, hantise du suicide, peur de l’invisible et du siècle nouveau…
C’est dire si ce conte est un prolongement naturel de l’univers de Sorel : romantique, fantastique et inquiétant à la fois.
Après « Hôtel particulier » et « Les derniers jours de Stefan Zweig« (publié chez Casterman), Sorel change d’éditeur, mais pas de thématique. Plus construit que son précédent album « Hotel particulier » (normal, c’est un récit unique et non un ensemble de nouvelles), il s’approprie un conte de Maupassant qui lui colle à la peau. Très à l’aise dans cette ambiance romanesque et romantique sombre, il suit pas à pas, un homme qui glisse d’un bonheur simple à une frayeur immense et envahissante.
Pour commencer, Guillaume Sorel nous offre un début d’album idyllique. Contemplatif, nourri d’une mise en images de toute beauté, il dessine des planches qui témoignent de la beauté et la sérénité de cette vie. Moments de plaisirs capturés au temps, paysages immergés de soleil et voiliers de passage toutes voiles dehors, il se fait poète de l’instant.
J’ai été ébloui par tant de beauté, de lumière et de sérénité, auquel Sorel ne m’avait pas habitué.
Mais ces moments de bonheur sont passagers. Quand la menace se précise, l’ambiance change.
Pour Sorel, le fantastique est “glissant”. il s’invite dans le réel, par petites touches inattendues et perturbantes. Un verre qui se vide, une carafe déplacée, l’homme devient fou, ou habité par « Le Horla ». Quand notre imaginaire prend le relais, le surnaturel s’invente effrayant.
L’homme passe par toutes de sortes de sentiments (doute, déni, peur, colère, abattement…). Alternant scènes de jours calmes (le voyage au Mont Saint-michel est superbe) et nuits terribles, Guillaume traduit graphiquement les émotions de son héros. Les couleurs deviennent froides, saturées et se font le reflet de l’âme effrayée, torturée de l’homme. Dans ces passages, j’ai retrouvé le Sorel qui m’avait impressionné dans ces précédentes séries, comme “Algernoon Woodcock”, “Mother”…
Enfin, quand l’affrontement a lieu, Sorel s’en donne à cœur joie ! Rouge sang et bleus froids s’affrontent dans des planches immersives, mangés par les flammes…
Sorel joue avec mes nerfs et j’ai adoré ça !

Pour résumer

Le temps d’un album, Sorel adapte un conte de Maupassant fantastique et sombre. Entre Folie et onirisme, il nous fait suivre pas à pas le glissement d’un homme qui se croit hanté par un être immatériel. Beauté des paysages et grandiloquence des scènes fantastiques, j’ai été submergé pas tant de maîtrise visuelle et tant d’émotions partagées. “Le Horla” est un grand album poétique et terrifiant. Ne passez pas à coté !

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2 Comments

  1. Je la lis bientôt, j’ai hâte !

    • tu me diras. Je pense que tu vas aimer.

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