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Le Blog Critique des plus Belles BD

Isabellae (T1) L’homme-nuit

Isabellae (T1) L’homme-nuit

An 1142 de l’ère Kamakura. Isabellae, chevelure rousse au vent, voyage à la recherche de sa sœur disparue, avec pour seuls compagnons, sa lame et le fantôme de son père.

Scénario de Raule, dessin de Gabor, Public conseillé : Adolescent, Adulte

Style : Aventure épique Paru au Lombard, le 18 janvier 2013 Share

L’histoire

En l’an 1142 de l’ère Kamakura. Fille d’une sorcière irlandaise et d’un grand samouraï, Isabellae ne passe pas inaperçue. Jeune fille à la chevelure rousse flamboyante et sabreuse exceptionnelle, elle traverse le Japon à la recherche de sa soeur disparue. Sa solitude n’est interrompue que par les longs dialogues qu’elle entretient avec le fantôme de son père. Grand samouraï mort au combat, il lui enseigna dans sa jeunesse l’art martial et fit d’elle une combattante virtuose.
Pour subvenir à ses besoins, elle se fait « chasseuse de prime ». Malheur à la bande de malfrats qui croise son chemin. A cinq contre une, Isabellae est l’arme absolue. Après un combat aussi bref que mortel, elle laisse s’enfuir le dernier voleur. Un grand guerrier n’a pas besoin d’engager un combat gagné d’avance…

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Une BD de genre

Quand Raule, l’auteur de « Jazz Meynard », sort de sa tanière espagnole, c’est pour s’attaquer à la BD de genre avec une plume aussi acérée que le sabre de son héroïne.
Voici une des plus belles nouveautés de janvier ! Le lombard nous gâte, avec ce tome alléchant de mise en place, savamment dosé.
Le Japon médiéval fantastique marche plutôt bien chez Delcourt (Okko) et chez Soleil (Samouraï). Mais Raule et Gabor n’exploitent pas la ‘tendance ». C’est avec sincérité et parti pris que ces deux auteurs se lancent dans l’aventure. Sans chercher à renouveler le genre, ils nous livrent une version dynamique et chorégraphiée, digne d’un film HK, travaillé sur un fond dramatique lourd et pesant comme une pièce classique européenne. A la croisée de l’Orient et de l’Occident, Raule et Gabor nous offrent une aventure épique, forte, dense, ou le sabre côtoie le mal-être…

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Scénario dense et percutant

On plonge dans la lecture d’Isabellae à la vitesse de son Katana. Sans s’encombrer d’une longue explication, Raule nous place rapidement dans l’action. Dès la quatrième page, ça tranche sec ! Les têtes tombent et la danse mortelle d’Isabellae commence. Ce n’est que par les flash-back et les dialogues avec son fantôme de père qu’on prend la dimension de cet univers. Les personnages apparaissent alors avec toute leur complexité et leurs failles.
Raule pose sur les épaules de son héroïne une bien lourde chape. Comme une héroïne « Shakespearienne », Isabellae est poursuivie par une « malédiction ». Pour racheter la disparition de sa soeur, elle erre sans fin dans ce monde sanglant. Isabellae apparait alors en jeune femme meurtrie, au destin tragique, véritable personnage « théâtral ».

Une danse macabre

Dans « Isaballea », Raule développe un scénario particulièrement visuel. Il trouve en Gabor le complice idéal capable de traduire son écriture riche en scènes d’action. Ultra dynamiques, aériens, les combats n’ont rien à envier à « Kill Bill » pour les gorges et membres tranchés, les litres d’hémoglobine et pour l’efficacité. Au crayon, Gabor démontre un talent très mature. Affiné par son expérience d’animateur (Studio Tridente Animation pendant plus de 10 ans), son dessin semi-réaliste est précis, exigeant et porté par un encrage exceptionnel. Même si, de temps en temps, certaines postures et expressions sont un peu maladroites, assurément son dessin (déjà de très bon niveau) s’améliore.

Le choc des cultures

La première originalité de cet album est son « mariage forcé » entre les cultures celtiques et asiatiques. Le personnage d’Isabellae en est le symbole vivant. Très simplement, Raule explique « ces bizarreries » par ses origines ethniques. Cette double culture, Raule l’exploite en utilisant les différences qui en découlent. C’est principalement sur la religion qu’il se concentre, en opposant mysticisme chrétien, bouddhiste et animiste. Sans prendre parti, il utilise ses croyances personnelles pour définir les différences intimes de ses personnages.
Raule utilise le fantastique tout au long de son récit avec les dialogues d’Isabellae et du fantôme paternel. Mais c’est en fin d’album qu’il s’autorise une embardée intégrant dans son récit un personnage du « Chant des Styrges »…
Avec ces personnages si différents, ces événements fantastiques et ces histoires parallèles, Raule brouille les pistes en ouvrant le champ des possibles.

Ce que j’en pense

Raule et Gabor nous offrent un récit documenté et passionnant qui mélange les genres celtique et japonais sans se perdre. Avec Isabellae, ils nous livrent un premier tome d’aventure épique avec un beau fond dramatique. Les personnages attachants et originaux captent notre attention, la mise en place est rythmée et l’aventure haletante.
Mis en images avec talent, les scènes d’action à haute tension, comme les moments d’introspection portent Isabellae dans sa quête sans retour.

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